Qui est-on vraiment ?

09.02

Ces derniers temps, je me suis souvent demandé qui j’étais et ce qui me caractérisait ; qu’est ce qu’au fond, j’aimais plus que tout, moi qui ai tendance à sauter d’une activité à l’autre, et à vaquer sans objectif précis, telle une girouette. La demande est aussi venue de l’extérieur : qui es-tu, qu’est-ce qui te définit dans la vie ? J’ai peut-être besoin de l’écrire pour le savoir vraiment.

J’aime l’enfance, la toute petite enfance, ses jeux désuets et gentils, ses mots doux et chuchotements. Le fait d’être devenue mère fait ressurgir tant de choses du passé ; des moments de tendresse inouïe avec ma propre mère qui, malgré l’oubli du trop jeune âge, conservent une trace ancrée à jamais. J’aime les yeux pétillants de ma fille quand elle parvient à faire quelque chose pour la première fois, sa façon d’attraper son doudou comme si c’était le bien le plus précieux, de faire un bisou à chaque personne présente dans la pièce y compris les animaux de compagnie et les jouets. Cotoyer l’enfance donne un second souffle de vie aux adultes et revigore l’âme.

J’aime la littérature, je voudrais pouvoir lire tous les (bons) livres du monde. En rangeant ma maison d’enfance, je tombe sur des trésors et me demande s’ils ont tous été lus – en fait je sais bien que non. Ma mère souffrait sans aucun doute du même syndrome que moi qui est d’acheter toujours plus de livres alors qu’on n’arrive même pas à lire le tiers de ceux qu’on a déjà. Mais elle lisait énormément, sans aucun doute ; et elle possédait ce temps, si précieux, puisqu’elle ne « travaillait » pas, ce qui lui permettait d’annoter, de résumer, de critiquer chaque ouvrage. Elle aurait très certainement pu être critique littéraire. Je me rends compte à quel point aujourd’hui sa vie a été caractérisée et certainement, influencée par la littérature.

J’aime la ville ; elle me donne de l’énergie. On classe souvent les gens comme « citadins » ou « campagnards » selon leur préférence et j’ai toujours oscillé entre les deux, puisque de fait, j’habite dans une ville moyenne à la lisière d’une capitale mais entourée par champs et forêts. A choisir, je pense que je prendrais la ville qui a toujours plus d’un tour dans son sac pour vous surprendre : une vitrine fabuleuse, l’odeur d’un restaurant, un musicien au coin d’une rue jouant un air de jazz, et surtout les passants, qui vous rappellent que vous n’êtes pas seul(e).

J’aime la lenteur, sentir le temps qui s’écoule goute à goute en ayant tout le loisir de l’exploiter comme bon me semble. Me poser, réfléchir, écrire. Rêver. C’est difficile aujourd’hui de vivre, pour les adeptes de la lenteur. La société nous demande de performer, de faire toujours plus, toujours plus vite. Et si on ne joue pas le jeu, on en est mis au banc. Je résiste à ma manière, en acceptant ce trait que je ne veux pas qualifier de défaut. Je l’accepte et je suis parfois en retard car j’ai été trop lentement pour faire ceci ou cela mais c’est à mes yeux préférable que de nier mon propre fonctionnement. C’est très bizarre, mais parfois, j’aimerais être déjà vieille pour avoir vécu et accompli la majeure partie de ma vie et pouvoir profiter de la lenteur tout en me remémorant de bons souvenirs.

J’aime la beauté et j’ai besoin d’en être entourée. Nous ne sommes pas tous égaux face à la beauté et c’est une notion tellement subjective, mais elle a une part d’universalité. J’aime les choses fondamentalement jolies. Un tableau, un paysage, une architecture, un vêtement, un bijou. J’ai besoin de la beauté car elle me rassure sur l’homme et ce qu’il est capable de créer, mais aussi sur l’univers : la beauté que contient la nature, à elle seule, peut justifier l’entièreté de notre existence d’êtres humains. Nous sommes peut-être simplement ici pour avoir notre part de beauté, un ticket unique pour la grande exposition universelle. Profitons en avant que nos yeux se ferment.    

J’aime écrire, c’est une réelle nécessité, voire une lubie. J’ai toujours écrit, des histoires inventées petites, des journaux intimes adolescente et des nouvelles et états d’âmes actuellement. Je me destinais plus jeune au journalisme que j’ai finalement abandonné en cours de route mais je le regrette souvent. L’écriture peut sauver, j’en suis persuadée. Elle guérit, elle fait rêver, voyager, réfléchir. J’ai un jour suivi un atelier d’écriture dont l’animatrice nous a dit que nous avions de la chance d’écrire car quoi qu’il se passe, nous pourrions tout surmonter grâce à l’écriture. Je dois dire que même quand ça va mal, écrire apaise et fait prendre de la hauteur. Et oui, c’est une chance, mais que tout le monde peut saisir. Ecrivez, les amis.

En bref, je ne sais parfois pas vraiment qui je suis, ni surtout comment les autres me voient. Mais je sais ce qui me fait vibrer et c’est parfois bon de s’en rappeler.

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