Dissonante

Depuis que je m’intéresse à la consommation raisonnée et à mon impact sur l’environnement, et surtout, depuis que c’est devenu la norme de s’y intéresser, je suis de plus en plus frappée par la bipolarité de certains comportements – je l’avoue, y compris le mien. L’autre jour, en rangeant mes vêtements dans mes placards trop pleins, je me suis retrouvée figée par l’angoisse. Toutes ces choses à peine portées qui s’entassaient devant moi me donnaient carrément la nausée. Vends-les sur Vinted, vous allez me dire. Si seulement j’osais même les apporter aux petits rien. Je dois dire que je ne suis pas la plus soigneuse de la terre, mais en plus de ça, je trouvais que tous ces vêtements avaient mal vieillis. Par manque de qualité sans doute. Alors dans ces cas-là, car c’est déjà arrivé plus d’une fois, voilà ce que je me dis : c’est fini ! J’arrête d’acheter du pas cher en grande quantité, et je privilégie la qualité en achetant moins, mais mieux. Vous la connaissez, cette rengaine ? Théoriquement, j’adhère complètement. Au revoir Zara, so long H&M, Goodbye Mango, you have been the ones for me… et vive la mode éthique.

Mais. Quelques jours plus tard, déconfinement et bébé de 3 mois oblige, je vais faire un tour et passe devant ce cher magasin Zara, que j’ai copieusement vilipendé dans ma petite tête dès que j’ouvrais ma penderie. Au fait j’habite dans la rue juste en face : je ne peux pas le rater. D’ailleurs, il me faisait de l’œil, et justement, j’avais besoin d’un nouveau pantalon. Ben oui, après une grossesse, les vêtements de femmes enceintes sont trop grands, et les anciens, trop petits – pas ma faute. Bon, les pantalons ne sont vraiment pas chers, chez Zara, et tiennent quand même assez bien sur la longueur. Allez, je vais juste voir.

Suis-je ressortie ? Oui. Avec un sac rempli et le portefeuille amputé de même pas 100 euros ? Oui. Mais bon, j’ai besoin de nouveaux vêtements, j’étais enceinte puis…

Je n’ai plus regardé mes armoires trop pleines depuis, en fait, je les évite. Faut pas leur dire.

J’en rigole mais c’est un vrai problème : ça s’appelle la dissonance cognitive, c’est-à-dire la tension interne propre au système de pensées, croyances, émotions et attitudes (cognitions) d’une personne lorsque plusieurs d’entre elles entrent en contradiction l’une avec l’autre.* Et je suis persuadée de ne pas être la seule à en souffrir : combien de fois ne me suis-je pas promis de changer, mais dès que je veux me tourner vers une solution alternative, je manque soit de conviction et de force de résistance, comme ici, soit d’argent – car les marques éthiques ne sont clairement pas données – et je me sens ensuite coupable. Alors oui, acheter moins. Vraiment moins. C’est la solution la plus sage, mais la plus difficile. Comment rester fidèle à un comportement et ne pas verser dans la dissonance marchande, si je peux la nommer ainsi ? Je suis toute ouïe.

A tous ceux qui achètent en masse et mangent au Macdo mais partagent chaque année à la date butoir sur leur profil Facebook « Aujourd’hui, la terre a épuisé toutes ses ressources. Nous vivons à crédit jusqu’au 31 décembre ». Vous êtes dans le même bateau que moi, peut-être sans vous en rendre compte. I hear you, my friends. N’hésitez pas à partager votre vécu !

*source : Wikipédia (Oh, ça va hein)

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