30 ans

Dans deux jours, j’aurai 30 ans. C’est marrant : c’est passé vite et lentement à la fois. Un peu comme des vacances où on s’est un peu ennuyé, mais finalement à la fin on se dit qu’on n’a pas vu le temps passer. Le cap des 30 ans fait peur à certains, en enthousiasme d’autre. Je me situe un peu entre les deux. A 30 ans, on est encore jeune, mais plus tant que ça. Par exemple, déjà trop vieux pour devenir sportif professionnel : tous les grands sportifs ont commencé jeunes, très jeunes. Ne traite-t-on pas tout le temps de Roger Federer de « vieux » sur le court de tennis ? Il n’a que 38 ans, le Roger. Rafael Nadal ? 34. Ils sont en fin de carrière et ne sont même pas encore sortis de la trentaine. Moi ma carrière, elle est devant moi, je ne suis même pas encore sure de l’avoir commencée. Bon, pas de regret pour le sport. Aucune envie de taper la balle toute la journée et d’aller dormir à 19 heures pour le match du lendemain. Il y a d’autres chemins bien plus tentants : notamment quand je regarde un film avec une actrice particulièrement canon et que je me dis que plus tard, je me verrais bien actrice, moi aussi. Pas de bol, plus tard c’était hier : un rapide coup d’oeil sur google m’annonce qu’elle vient de fêter ses 24 ans. Ou pire, qu’on a le même âge. La projection n’en est que plus concrète : j’aurais pu être à sa place. Hollywood, j’arrive (attendez-moi).  

Bref, la liste des professions que j’aurais pu faire mais ne ferai probablement jamais s’allonge de jour en jour. Sauf si je m’y mets maintenant, peut-être. Avoir 30 ans, c’est se rendre compte que certaines choses sont encore possibles, à condition de s’y mettre tout de suite. La pression est palpable. C’est se dire qu’en gros, si on laisse encore passer beaucoup de journées sans rien faire d’extraordinaire car on a la flemme ou pas le temps, tout simplement, ce sera trop tard.

C’est aussi remarquer l’apparition discrète mais tenace de cheveux blancs, le matin dans le miroir. Et alors, m’a-t-on déjà dit ? Ben, ça fait mal. La dégénérescence cellulaire ne fait que nous rappeler que nous sommes éphémères sur cette terre et qu’un jour, la vie continuera sans nous. Et puis, les cheveux blancs, ça passe chez les hommes, mais lorsqu’on est une femme, c’est tout de suite moins sympa. La différence fondamentale entre Georges Clooney et Julianne Moore, qui ont le même âge et le même métier, ce serait pour moi clairement leur couleur de cheveux. Poivre et sel chez les hommes : sexy. Poivre et sel chez les femmes : négligé, durcit les traits. Moche. Enfin, ça donne à Julianne une raison supplémentaire d’être égérie L’Oréal.

Tic, tac… et puis il y a… Les mariages. Les maisons. Les enfants. Les chiens. Comme si on pouvait mesurer notre bonheur à une check list de points applicables à absolument tout le monde. Je suis un peu hypocrite ici, car je peux cocher le mariage, la maison, l’enfant et le chat. J’aimerais avoir un chien, aussi. Plus tard – on n’est jamais trop vieux pour avoir un chien. Mais la course au bonheur, qui ne sera complet que lorsqu’on aura coché toute notre hypothétique check list, peut donner le tournis à plus d’un. Ou surtout, à plus d’une car ici encore, les femmes ont sur leurs épaules une charge beaucoup plus lourde que leurs compatriotes mâles. La fameuse horloge biologique. Je sais toutefois que les hommes ne sont pas en reste car même si biologiquement, relax max, ce n’est pas pour ça que tous les potes ne sont pas casés et propriétaires. A toutes celles ou ceux qui pourraient ressentir une quelque pression à l’approche de la trentaine, j’aimerais dire : écoutez vous et faites ce que bon vous semble. Le bonheur ne s’achète pas, et n’arrive pas forcément avec une bague de fiançailles. Ou avec un bébé. Ni avec une carrière de grand sportif, ou d’actrice. J’imagine.

30 ans, c’est un peu l’âge de raison, finalement. Se rendre compte de ce qu’on veut vraiment, et se dire qu’on fera tout pour l’avoir. Ou si on l’a déjà, qu’on essayera de le garder pour le faire fleurir, évoluer. Qu’on a encore le temps, mais plus suffisamment pour se reposer sur les lauriers de la jeunesse, quand on se laissait porter par le flot sans réfléchir au lendemain. Bouger, rencontrer. Faire. J’espère que la trentaine sera la dizaine de la vie, la vraie vie.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s